L’apprentissage est aujourd’hui l’un des piliers les plus dynamiques de la formation professionnelle. Il séduit de plus en plus d’entreprises et de jeunes en quête d’une montée en compétences concrète, directement connectée aux besoins du terrain. Pourtant, une question revient régulièrement dans les échanges entre responsables RH, CFA et branches professionnelles : peut-on utiliser les fonds conventionnels pour soutenir l’apprentissage ?

À première vue, la réponse semble simple : non, car les contributions conventionnelles versées aux Opco sont strictement réservées à la formation professionnelle continue. Mais la réalité est plus nuancée. En mobilisant intelligemment les dispositifs existants, il est tout à fait possible d’accompagner les apprentis et de renforcer leur parcours, sans sortir du cadre légal. Dans cet article, nous vous expliquons comment tirer parti des fonds de branche pour soutenir l’apprentissage.

Apprentissage et formation continue : deux mondes qui se rejoignent

Les apprentis sont aussi des salariés. À ce titre, ils disposent de droits à la formation continue au même titre que les autres collaborateurs. Une entreprise peut donc :

  • Inscrire un apprenti à une action de formation hors du programme d’apprentissage ;
  • Mobiliser son plan de développement des compétences pour compléter ou renforcer son parcours ;
  • Faire appel à son Opco pour financer ces actions au titre de la formation professionnelle continue.

A titre d’exemple, une formation en communication interpersonnelle, en sécurité, en bureautique, ou une certification complémentaire peut tout à fait être financée, même pour un apprenti.

groupe d'employés en formation interne

Comment les branches professionnelles peuvent soutenir l’apprentissage ?

Même si les branches ne peuvent financer directement les CFA, les NPEC ou les restes à charge des entreprises via leurs fonds conventionnels, elles peuvent :

  • Renforcer les parcours des apprentis en finançant des actions de formation transversales ;
  • Enrichir les compétences spécifiques à une branche qui ne sont pas couvertes par les diplômes de droit commun ;
  • Lutter contre les ruptures de contrat en renforçant l’intégration en entreprise (formations soft skills, tutorat, posture professionnelle, etc.) ;
  • Accompagner les maîtres d’apprentissage par des actions de formation, de tutorat ou de coaching, élargies à l’ensemble des fonctions RH ou d’encadrement.

Mutualiser les pratiques et innover : un levier puissant

Outre le financement direct, les branches peuvent aussi s’appuyer sur des approches collectives :

  • Mettre à disposition des ressources mutualisées (outils pédagogiques, kits d’intégration, modules e-learning) ;
  • Partager les bonnes pratiques entre CFA, entreprises et OF ;
  • Favoriser la coopération entre acteurs de l’alternance : bourses de partenariats, réseaux de tuteurs, plateformes d’échange de contenus ;
  • Tester de nouveaux formats pédagogiques : hybridation, mentorat, peer learning, etc.
  • L’idée : créer des effets de levier, sans dépendre uniquement du levier financier.

Soutenir la formation, même sans réformer la loi

Même si le financement direct de l’apprentissage via les contributions conventionnelles reste limité, de nombreuses actions sont possibles dès aujourd’hui pour renforcer l’efficacité des parcours en alternance. Former mieux, accompagner mieux, outiller mieux. Ce sont autant de façons concrètes d’agir pour les branches, les entreprises et les CFA. Car développer l’alternance, c’est aussi développer des compétences durables dans un monde du travail en constante évolution.

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