En 2023, le taux d’absentéisme en entreprise a enregistré sa première baisse depuis sept ans. Selon le baromètre 2024 de WTW, le secteur privé est passé de 5,4 % d’absentéisme en 2022 à 4,8 % en 2023. Cette évolution rompt avec la dynamique haussière observée depuis 2016. Cependant, malgré cette amélioration globale, les DRH doivent rester attentifs à plusieurs signaux faibles : la durée des arrêts maladie continue d’augmenter, et certaines populations restent plus exposées que d’autres.
QVCT et absentéisme : des enjeux toujours d’actualité
La Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) joue un rôle central dans la prévention de l’absentéisme. Si le nombre d’arrêts de travail a diminué, leur durée moyenne augmente nettement, ce qui représente un nouveau défi pour les entreprises. En effet, la durée moyenne des arrêts maladie est passée de 20,2 jours en 2022 à 23,1 jours en 2023, soit une hausse de 15 %. Les arrêts longs, supérieurs à 90 jours, représentent seulement 6 % des arrêts, mais concentrent plus de 50 % de la durée totale d’absence. Les risques psychosociaux (RPS), en forte hausse dans les services, restent l’une des principales causes d’absences prolongées.
Des inégalités persistantes selon les profils et les secteurs
Les femmes, premières concernées
En 2023, les femmes affichaient un taux d’absentéisme de 5,8 %, contre 4,2 % pour les hommes. Cette différence s’explique notamment par leur surreprésentation dans des secteurs très exposés comme la santé, le social ou l’hôtellerie-restauration.
Les ouvriers en première ligne
Les ouvriers restent les plus touchés par l’absentéisme. En 2023, 42 % d’entre eux ont eu au moins un arrêt maladie. Leur durée moyenne d’arrêt atteint 28,2 jours, l’un des niveaux les plus élevés tous profils confondus.
Les secteurs les plus touchés
Certaines activités présentent des taux d’absentéisme particulièrement préoccupants :
- Santé humaine et action sociale : 7,56 %
- Hébergement et restauration : 7,39 %
- Transport et entreposage : 6,18 %
La pénibilité des conditions de travail, les accidents ou le stress chronique expliquent en grande partie ces chiffres élevés.

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Les jeunes salariés, souvent absents, mais sur de courtes durées
Chez les 20-30 ans, le taux d’absentéisme est en baisse (3 % en 2023), mais la fréquence des arrêts reste élevée. Chaque salarié de cette tranche d’âge cumule en moyenne 1,89 arrêt par an, contre 1,64 pour les 50-60 ans. Cette tendance peut refléter une fragilité émotionnelle ou organisationnelle plus marquée chez les jeunes actifs, mais aussi des attentes plus fortes en matière de QVCT et d’équilibre vie pro/perso.
Des coûts encore importants pour les entreprises
Le coût direct de l’absentéisme en entreprise s’élevait à 1 535 € par salarié en 2023. Ce chiffre marque une baisse par rapport à l’année précédente, mais reste significatif à l’échelle collective. Par ailleurs, le contexte réglementaire pourrait modifier les équilibres :
- En 2027, la suppression annoncée de l’obligation de déclaration des arrêts à la Sécurité sociale pourrait alléger la charge administrative.
En revanche, la prise en compte des congés payés pendant les arrêts maladie risque de renforcer les coûts indirects pour les employeurs.
Ces évolutions nécessitent une veille RH continue, ainsi qu’une adaptation des politiques internes de gestion de l’absentéisme.
Prévenir l’absentéisme : quelles actions concrètes ?
Pour agir durablement sur l’absentéisme au travail, les entreprises doivent structurer leur approche autour de la QVCT et de la prévention des risques. Plusieurs leviers s’avèrent particulièrement efficaces :
- Déployer des actions ciblées contre les RPS et les troubles musculo-squelettiques (TMS)
- Mettre en place un suivi individuel : entretiens de reprise, accompagnement après arrêt long
- Former les managers à détecter les signaux faibles et à intervenir en amont
- Améliorer les conditions de travail dans les secteurs à forte pénibilité
- Intégrer la santé au travail dans une politique RH globale : partenariats, soutien psychologique, solutions de coaching
Cette approche globale permet de réduire les absences, tout en renforçant l’engagement et la fidélisation des salariés.
Le recul du taux d’absentéisme en entreprise en 2023 constitue un signal positif. Mais les arrêts longs, les inégalités entre profils et les secteurs en tension doivent alerter les décideurs RH. Pour que cette tendance devienne durable, il est essentiel de renforcer la QVCT, de former les managers et de repenser l’organisation du travail autour de la santé et du bien-être des collaborateurs. C’est à cette condition que les entreprises pourront conjuguer performance, engagement et prévention.
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